| HISTOIRE DES ARMOIRIES |
| Source : Mémoire de la ville de caen |
 Blason de la ville de Caen |

Logo de la ville de Caen |
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| UN CHATEAU ET DEUX LYS |
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La ville de Caen fut érigée en commune par une charte de Jean sans Terre, le 17 juin 1203.
Nul doute qu'elle s'employa, dès le XIIIe siècle, à se donner un emblème.
Un sceau de la Vicomté de Caen, dont on retrouve une description aux archives du Calvados, porte un château avec une tour
forte au milieu, crénelée et accostée de deux fleurs de lys, et de chaque côté deux autres tours plus petites.
Georges Mancel, un érudit bibliothécaire caennais,
en a retrouvé de semblables dans les pavements et les labyrinthes
de plusieurs abbayes normandes et même d'autres provinces.
On trouve aujourd'hui ces pavés armoriés dans la salle des gardes où se réunit le conseil municipal.
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| UNE CIGOGNE TENANT UN SERPENT |
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En 1861, M. Alexis Boisguillot, conservateur des Archives Municipales,
a réalisé une excellente notice sur les armoiries de la ville.
Le sceau le plus remarquable qu'il ait retrouvé est attaché à une charte du 11 novembre 1406, aux Archives du Calvados.
Il représente, dans une circonférence de 10 centimètres, un château de forme octogonale,
"grillé et donjonné d'une tour, l'un et l'autre crénelés, ajourés et maçonnés".
Sur les créneaux extrêmes du château s'appuie à dextre (droite) " la fleur de lys de France ",
à senestre (gauche) " le léopard normand ". Deux petites tours accostent le château sans y adhérer, terminées par un toit aigu.
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Sur la pointe de l'un d'eux, à dextre est " une cigogne tenant un serpent dans son bec ",
un mur d'enceinte maçonné de chaque côté du château ; à senestre " une otelle, ou fer de lance ",
emblème des villes fortes déjà éprouvées par l 'ennemi.
Dans la bande circulaire qui entoure le sceau, est l'exergue suivant : " Sigillum obligationis vicecomitatus cadomensis ".
(Sceau faisant foi de l'engagement du Vicomté de Caen).
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| TROIS LYS SUR FOND BLEU ET ROUGE |
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Le 6 juillet 1450, Charles VII reprend la ville de Caen aux Anglais.
Accueilli comme un libérateur par la population enthousiaste, il aurait voulu lui laisser un acte de sa reconnaissance
en dotant son écusson d'une fleur de lys d'or.
Comme les " bonnes villes " dont Caen faisait déjà partie, portaient déjà, dans leur écu , le " chef de France ",
c'est-à-dire la bande d'azur à deux fleurs de lys d'or, il en résulte que les armes de Caen furent en tout semblables
à l'écu de France, sauf que " le champ était mi-partie d'azur (bleu) et mi-partie de gueules (rouge) ".
Il n'existe aucun acte confirmant cette concession à la ville de Caen. Mais ces armes n'en figurent
pas moins sur la couverture du Matrologe de la ville ainsi que sur de nombreuses pièces officielles.
Ce blason aurait été maintenu jusqu'à la chute de la royauté.
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| UNE BONNE VILLE BOURGEOISE |
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Selon M. Boisguillot, la municipalité de Caen est un autre sceau, demandé par M. de La Nicolière, secrétaire de la ville de Caen,
qui fit fabriquer un sceau aux armes de la ville et de la Normandie.
On en trouve la preuve sur une délibération du 17 avril 1573.
Les deux sceaux furent employés simultanément jusqu'à la Révolution.
La monarchie française appela " Bonnes villes " celles qui ne prirent aucun parti pendant les guerres civiles dites du " Bien public "
de " la Ligue " et de " la Fronde ", mais qui restèrent à toutes ces époques, fidèles au souverain.
La ville de Caen, durant cette époque, fur gouvernée par les Anglais pendant trente-trois ans.
Mais elle subit cette domination imposée par la force armée, et, à la première occasion,
elle retrouva avec joie et empressement un gouvernement qui lui était cher.
Aussi, pour la récompense de son patriotisme et de sa loyauté qui la distingua de quelques autres villes de province,
fut-elle classée " Bonne ville " parmi quarante autres villes du Royaume jusqu'en 1790.
Ce privilège comportait le droit de bourgeoisie et l'exemption de l'impôt de la taille, deux avantages qui n'étaient pas minces.
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| ABEILLES, AIGLE ET CADUCEE |
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En 1789, la Révolution supprima les armoiries, blasons, écus et sceaux de l'Ancien Régime.
En 1790, on créa un timbre unique pour les communes de France.
Pour Caen, il représentait la Liberté ayant une main droite posée sur un " faisceau delicteur ", fagot de baguettes surmonté d'une hache, et tenant de la main gauche une pique terminée par un bonnet phrygien avec l'exergue :
" République Française, commune de Caen ".
Sous l'Empire, les " bonnes Villes " réapparurent en l'an XII, mais leur nombre fut réduit à trente-six.
Caen obtint le numéro vingt-et-un. La désignation en fut faite par un décret du 3 messidor An XII (22 juin 1804).
Faculté fut donnée aux " Bonnes Villes " de demander la concession d'armoiries, et leurs maires furent invités à
assister aux cérémonies du couronnement de l'empereur à Notre-Dame de Paris.
Dans une délibération du 17 août 1809, le conseil municipal de Caen décida de substituer au blason à
fleurs de lys celui que Caen possédait pendant des époques glorieuses : le château donjonné et crénelé.
Cette délibération resta oubliée dans les bureaux de la préfecture, et ce n'est qu'en 1811 qu'elle fut homologuée
sur la pressante invitation du gouvernement. L'empereur souhaitait que les maires de ses " Bonnes Villes "
assistent aux cérémonies du baptême du Roi de Rome. Ils devaient également participer au cortège dans une voiture
portant les armoiries de leur cité.
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Un décret du 12 novembre 1811, daté de Saint-Cloud et signé de la main de Napoléon, autorisait la " Bonne Ville " de
Caen à porter les armoiries suivantes : " De gueule 1811 > décret de Saint-Cloud signé par Napoléon 1erau château donjonné
d'une tour crénelée d'or, au chef cousu des bonnes villes de l'Empire qui est de gueule aux trois abeilles au fasce d'or ".
Les ornements extérieurs desdites armoiries consistent en " une couronne murale à sept créneaux, sommée d'une aigle naissante
pour cimier, le tour d'or, soutenu d'un caducée posé au-dessus du chef, auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins
l'un à dextre, de chêne, et à senestre, d'olivier ".
Après l'Empire, en 1816, la ville de Caen reprend les armoiries à fleur de lys mais dans un écu différent, de forme moderne.
Puis, en 1830, la ville revient au blason concédé par Napoléon 1er, mais sans l'aigle et sans " le cousu au trois abeilles d'or ",
mais avec la couronne, le caducée et les festons servant de lambrequin.
A l'avénement de Napoléon III, Caen reprend ses armoiries du Premier Empire fixées par lettre patente du 12 novembre 1811.
A la chute du second Empire, la ville revient au blason de 1830, qui restera jusqu'à nos jours,
mais enrichi après la seconde guerre mondiale de la médaille de la Résistance, de la légion d'Honneur et de la Croix de Guerre.
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| LE LOGO AUX TROIS FLECHES |
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Vers la fin de 1985, la ville de Caen, cédant à la mode médiatique, s'est choisie un "logo".
Ce logo est composé de trois flèches stylisées, et l'on pense généralement qu'il symbolise les clochers de la ville
(Caen, " la ville aux cent clochers "...).
Ce n'est pas tout à fait cela :
la 1ère flèche symbolise Saint-Pierre,
la 2ème une voile (le port),
et la 3ème.. les espaces verts.
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